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Pourquoi le titre Debriefing ?

Le titre Debriefing est une fait référence aux 6 dernières années de ma vie pendant lesquelles il n’était pas évident où j’étais, qui je devenais et quels étaient les fondamentaux de ma vision, musicalement, personnellement et socialement. Cet album, comme une pierre de Rosette sonore et lyrical, explique l’état d’esprit que j’ai hérité des dernières années de mon voyage dans le monde, qui se passe pour le moment aux USA. Il le fait d’un point de vue social, mental, émotionnel, romantique, spirituel, musical et identitaire. On Debrief Y’a Minko, en préparation pour la suite.

Debriefing c’est ton premier projet, quelles sont tes attentes par rapport à cet album? 

Mon but est que cet album m’introduise à la première couche du public et des systèmes avec lesquels je serais en communauté pendant toute la durée de ma carrière musicale, et autre. Comme je le disais dans la question précédente je veux qu’il soit là pierre de Rosette commerciale, artistique, business et identitaire qui permettra au reste du monde de comprendre ce que je compte faire avec la plateforme que je recevrais, et surtout garantir les ressources humaines et matérielles qui rendront cette plateforme possible. 

Quel a été ton esprit en préparant ce projet ?

Simplement “il est temps”. Ça fait une belle décennie que je m’essaie et que j’explore les sonorités, les état d’esprits, l’environnement et les vérités fluides au cœur de notre expérience humaine partagée. Maintenant il est temps d’en parler, de construire et ma position à la hauteur de ma vision. 

Je voulais la meilleure qualité possible, chose que j’ai pu heureusement garantir avec l’aide de Cleef qui a mixé tout le projet et participé à la production exécutive et direction artistique du projet avec son équipe à Jupiton. 

Le but était de m’assurer qu’il n’y avait aucun doute sur la trajectoire de mon art/carrière après ce projet, et d’avoir un produit que je pourrais défendre sans inhibition dans toutes les salles du monde. Le but était de promettre mieux, tout offrant déjà énormément bon.

Ya Minko est-il un rassembleur ?

Je dirais que Ya Minko est la conséquence d’une série de rassemblements. 

Ma mère est Congo-gabonaise en origine du Cabinda; tandis que mon père est Gabonais avec un père camerounais. Une portion large de la région Afrique centrale vit en moi. Ensuite, j’ai grandis à l’échelle entre les mondes professionnelles de mes parents mon père ingénieur en informatique reconverti directeur des ressources humaines pour la multinationale Shell au Gabon, et ma mère enseignante, professeure d’espagnole, mère à temps plein en charge des opérations internes de la maison, maison dans laquelle il y avait toujours plus d’enfants que le voudrait la famille nucléaire. 

Il y eut plusieurs générations de frères et sœurs des deux côtés de la famille de mes parents chez nous. Au-delà de ça, mon père est prédicateur et tous deux sont responsables à l’église Agape, ou ma mère et lui aident toujours à organiser la communauté spirituellement, socialement et musicalement. Tous deux sont aussi à 100% dans l’organisation et le maintien de leurs familles élargies respectives de toutes les manières dont ils le peuvent. 

De Gamba, à Libreville, à Port-Gentil, à la maison, à l’école et l’église, j’ai toujours été le témoin de communautés qui s’organisent dans un système basé sur l’entraide et le partage de principes et d’objectifs communs. 

Par la suite j’ai formé mes propres idées, et j’ai mes propres objectifs mais ils ne viennent pas de très loin. Mon système de valeurs de base me vient directement de mes parents. C’est dans les détails qu’il diverge. 

Une vue du tournage du clip Debriefing © D.R.

Pendant mon dernier voyage à Libreville mon père me rappelait pendant l’un de nos trajets que “beaucoup pensent que le sommet de l’expérience sociale humaine est l’indépendance de l’individu. Mais ce n’est pas vrai, le sommet de la croissance et de l’expérience sociale humaine est l’interdépendance saine.” Ma mère, elle, avait toujours dans l’esprit d’élever tous les enfants qui passaient par sa maison comme les siens et s’assurer qu’il ne se sent pas mis à l’écart.

Elle réprimandait toujours de manière sévère toute tendance classique de notre part, et toute illusion de supériorité que l’on exprimait. Elle m’a dit toute mon enfance “l’orgueil précède la chute” et l’une des ses priorités a toujours été que ne nous devenions pas “des petits fumistes” à cause de l’aisance de notre situation socio-économique, parce qu’elle et mon père ne viennent pas de ça, et sont conscients que le statut socio-économique ne fait pas la personne. La mère de mon père était commerçante agricultrice, et à élever tous ses enfants seule, sans qu’il ne manquent de grand chose, ma mère quant à elle a du migrer du Congo à Libreville pour faire son lycée à Léon MBA chez sa tante. 

On est tous à la merci d’une vie qui n’est facile pour personne et dont les privilèges sont temporaires.  

De mon enfance et de mes voyages, j’ai appris que dans l’essence, on existe à travers et avec les uns les autres. L’individualisme capitaliste qui domine le monde en ce moment ne profite qu’à l’élite sociétal et au final mettras la société à genoux. Il est donc crucial pour nous de prendre soin les uns des autres, non pas par générosité mais par compréhension qu’une société qui marche pour un, est une société qui doit marcher pour tous. Je me vois dans chaque personne que je rencontre. Nous ne sommes que les continuations et intersections de nos histoires respectives. Nous sommes toujours rassemblés, qu’on le réalise ou pas. Je ne suis qu’une conséquence de cette vérité, et au mieux un rappel.

L’album compte 12 titres avec 4 collaborations, pourquoi n’avoir pas fait plus de feat?

L’album raconte mon histoire avec quelques intervenants qui offrent une perspective de plus. J’ai fait les feats par nécessité, lorsque l’histoire du morceau n’était pas finie, mais que la portion que je détenait était claire. Je suis pour la collaboration, mais pas de manière futile. 

L’histoire du projet est complète. J’en raconterais d’autres avec plus d’intervenants de plusieurs manières différentes par la suite. 

J’aime collaborer. L’échange de perspectives, de méthodes et d’idées me fascine. L’album en lui-même est collaboratif dans sa fabrique. Les producteurs Nix à Houston, Cleef (I-PKU) en Tunisie, Fenix, Ricky, EMVDIT, à Libreville la belle, Munty au Ghana, TomxWolfe (précédemment Jim Bilie) à New York, Ed Chilly dans le Maryland, Hokube en Belgique, Ramssey en Tunisie, Heavenboy, quelque part dans le monde, Medhi à Tunis Trooy Reinz en Zambie, mon petit frère David en France qui a aidé à désigner la pochette, mon amie ZEFAN qui a géré toutes les opérations de la release party et à contribuer financièrement. Koffi Bepe à Houston, Kevin Dossou à Libreville, Hans Mombo en France, Clancy à Libreville, Mohamed Alim en Virginie, Will Capone en Virginie, Yassine Aloe à aux USA qui mon tous aide à penser la sortie de projet. Ma mère qui a payé pour une partie du mix, à payé pour la logistique des vidéos de Débriefing,  Hideout et Deux Soleils. Pascale A’Messaghi, Karl Doukaga, Tommy Tom, Dancy, Clarence Ivala, King et Yanez qui m’ont donné son poumon pour créer les visuels qui m’ont donné la confiance nécessaire pour sortir le projet. La bonne centaine de personnes qui a participé à mes sessions d’écoutes sur Zoom, venant des 4 coins du monde. Le projet est collaboratif du début à la fin, au-delà de la performance vocale. Je n’ai rien fait tout seul. La liste est longue. Et j’en suis reconnaissant. Plus dans le futur.

En faisant un album qui parle plus aux USA, ne crains-tu pas de tourner le dos au public gabonais ?

Je ne pense pas non plus. Ce qui fait de moi un Gabonais ne se limite pas au langage, aux stéréotypes acceptés et à la géographie. Même lorsque je grandissais j’ai toujours été autre à cause de mes voyages, du travail de mon père qui avait un Focus internationale, et de plusieurs nuances socio-économiques.

L’identité gabonaise ne se limite pas au verbiage et la célébration d’une société qui prend plus qu’elle ne donne, et dont les codes sont encore jeunes. Les enfants gabonais sortent du pays et s’épanouissent aux quatre coins du monde, et notre identité nationale existe à l’intersection de leur expérience, et de celles de ceux qui sont au Gabon. 

Finalement, mon rôle sera toujours celui d’un ambassadeur culturel. Je vais être gabonais dans tous les endroits que j’atteins, à l’intersection de toutes mes activités et conversations, et de part mon existence je serais toujours une introduction et un élargissement continuel d’une identité gabonaise qui ne se limite ni à mon expérience, ni à celle de ceux qui nous lisent. 

Avec le temps je rentrerais plus souvent et ça s’entendra dans les sons et les textes, mais entre temps le public gabonais est et seras toujours ma première famille, que je le représente dans les détails de mes lyrics, et la qualité de ma musique, ou que je m’adresse à lui directement. On est attachés. Même quand ils ne s’en rendent pas compte, je les ai à cœur, je les observe, je les écoute, ils me passionnent et je les aime. Ma mission est juste en développement. On se retrouvera toujours.

Debriefing: quelles sont les autres nouvelles ?

Plusieurs clips sont en cours, dont un pour Gravroche, et Temporary. Un documentaire et le reste sur les réseaux sociaux. 

Y a- t-il des shows qui sont prévus ?

Aux USA oui, beaucoup. Universités, salles de concerts, open mics, showcase etc, et au Gabon ça sera sûrement plus pour l’année prochaine. Je travaille en ce moment et je me construis donc certaines choses prennent du temps, mais j’arrive. Si des gens veulent m’inviter quelque part et qu’ils ont les moyens de leur politique, et qu’on peut être en alignement au niveau de nos principes, venez qu’on cause. 

Un mot de fin ?

Oui, ce n’est que le début. Il est temps. Et un grand merci à tous ceux qui m’aident et parlent de moi avant les évidences. L’histoire parlera de nous en grand dans toutes langues humaines, et se réjouirait de ce qui découlera de cet album dans tous les domaines, maintenant et pour les civilisations à venir. Merci à vous.

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