C’est devant les officiers de la direction générale de recherche (DGR) que le responsable de la plateforme de promotion Tendance Gabon a été entendu ce lundi 10 août 2020 suite à une plainte introduite par Jeff Auspice responsable du label de musique AMG 241. Ce dernier accuse Tendance Gabon d’avoir piraté le projet « Couronne et foulard » de son artiste Tris. une histoire qui remet au tapis la question des droits d’auteurs au Gabon. 

Voilà une affaire qui devrait pouvoir freiner cette attitude devenue assez courante, consistant à exploiter la musique des artistes sur les réseaux sociaux sans l’autorisation de leurs auteurs. Pour avoir mis en téléchargement libre sur son site les titres « Égalité déchéance » et « Riche » issus du projet « Couronne et foulard », les plus streamés et plus achetés selon Jeff Auspice qui dénonce « de la contre promotion », Paul Obame, responsable de Tendance Gabon en a payé les frais. 

En effet après avoir été entendus tour à tour dans les locaux de la DGR, AMG 241 par la voix de son responsable Jeff Auspice soutient avoir obtenu gain cause avec dédommagement. « Les agents nous ont demandé de faire un état des besoins par rapport à ce que l’on estime avoir perdu depuis qu’il a mis les sons en exploitation sur sa plateforme promotionnelle », a-t-il indiqué. 

Joint au téléphone, Paul Obame, pour sa part, ne soutient pas ces propos. Selon lui, il est tôt pour parler de gain de cause. « Il n’y a pas de gain de cause pour l’instant. La DGR ne juge pas. Ils nous ont tout simplement entendus et demandé de repasser avec des éléments de preuves tangibles et palpables pour justifier les faits remis en cause », a-t-il confié. 

Estimant de ce fait n’avoir « piraté aucun projet », le responsable de Tendance Gabon, tentant de justifier son acte parle plutôt de maladresse. « On n’a piraté aucun projet, nous on a acheté un album et ensuite on a voulu faire leur promotion en mettant tout simplement 2 titres en ligne », indique Paul Obame qui souligne par ailleurs que l’affaire aurait pu être traitée plus simplement. « Ils l’ont mal pris et nous ont porté plainte alors qu’ils pouvaient tout simplement envoyé un message pour nous demander de retirer les sons de notre média, et nous l’aurions fait (…) C’est peutêtre une maladresse de notre part d’avoir voulu faire leur promotion sur notre site », regrette-t-il.  
L’histoire remet par ailleurs sur le tapis la question des droits d’auteur dans notre pays. En effet, au Gabon pour bénéficier des droits d’auteur et protéger son oeuvre, les auteurs doivent remplir toutes les conditions nécessaires relatives à l’attribution de leurs droits en République gabonaise. Ne souhaitons pas justifier l’attitude de Tendance Gabon, la question qui résonne désormais est celle de savoir si Tris et son manager ont déclaré et protéger leur oeuvre auprès du Bugda. La question reste posée.