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L’une des rivalités les plus acerbes que l’industrie musicale ait connue vient de connaître son épilogue. En effet, Kôba Building et Shad’m Ovono ont décidé d’enterrer la hache de guerre dans l’hexagone devant plusieurs dizaines de nos compatriotes qui y sont installés. Une leçon de vie!

On a tous en mémoire la question « Qui veut ? » où le poulain de Matonghe Bidass, fraîchement débarqué à Eben Entertainement, mettait au défi tous les rappeurs de « tester son flow ». Ce à quoi un autre Ovni sous l’égide de Dangher Productions, répondait « Je peux » dans le disstrack « Black Boa ».

Il n’en faudra pas plus pour mettre le feu aux poudres dans une ère où le cyber-café était le seul moyen d’être au parfum de cette odeur hostile. Une véritable opposition de styles entre Black Kôba autoproclamé « l’élu » et le Soldat du hip hop africain demain et aujourd’hui (Shad’m) de la 101. 

L’animosité atteint des sommets jamais égalés quand Eric Amar Benquet menace de faire censurer un clip de Movaizhaleine où les deux protagonistes sont conviés et y figurent. Quelques jours après, Black Kô réplique avec « le Kriminel au mic » que l’opinion soupçonne d’avoir été écrit par le clasheur attitré Nephtali.

Le très prolixe Shad’m ne tarde pas à répondre avec un clash d’anthologie où il crible de balles lyricales tout le label Eben. C’est le clash gang bang en punchlines. Pourtant jamais les mères y seront mêlées. D’aucuns expliquent que Kôba et Shad’m seraient même liés par le clan.

Ce sera la guerre froide entre 2007 et 2020. Soit 13 ans de cohabitation pacifique dans le milieu rap où les deux hommes semblent dilués. Black Kôba devient Kôba Building et s’assagit. Pour sa part, Shad’m y adjoint Ovono. Plus encore, Kôba et Shad’m deviennent fervants musulman et chrétien. 

Finalement, les deux enfants de Gabao ont bu dans le même verre. Ils se sont embrassés et ont affirmé leur respect mutuel. D’aucuns y voient une ouverture vers une prochaine collaboration. Une sorte de featuring à la Jay-Z et Nas ? Ou un album commun? Chacun y va de son pronostic. Pour l’heure, le rap gabonais a définitivement retrouvé ses deux fils.

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