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Depuis quelque temps, Facebook est au cœur d’une vague de polémiques. A la suite des nouveautés apportées à sa politique d’utilisation visant à éradiquer de nombreux maux, tels que le harcèlement en ligne, de nombreux utilisateurs ont fustigé les sanctions de l’application. Nous avons recueilli l’avis de quelques personnes ayant subi une suspension temporaire de compte.

Uriel Abaga

« Toutes les organisations ont des règles, les réseaux sociaux aussi en ont. Ils ont donc fixé des standards pour le respect des minorités et lutter contre la violence. Ce n’est pas une dictature en soi. Ce sont leurs règles, et ils ne vous obligent pas à être présent sur leur plateforme. Si vous vous inscrivez, vous devez respecter les règles. Maintenant ce que nous pouvons déplorer c’est le fait que l’algorithme soit un robot qui réagit au mot interdit et non au sens de la phrase »

Nathael Mba Nzoghe

« Dictature non, mais ils s’en rapprochent, ils sont plus dans un respect des utilisateurs et de l’utilisation qu’on fait de la plate-forme… ils sont plus extrémistes que dictateurs , ils manquent aujourd’hui de second degré et ça tue la liberté du consommateur si on doit à chaque fois nous-mêmes s’auto-censurer »

Le Fils D’Ernest

« Selon moi Facebook ne devient pas une dictature mais est en train de régresser avec ses nouvelles règles de communautés qui ne prennent pas en compte les contextes ou même la Polysémie. J’ai par exemple écopé de 30 jours de suspension pour avoir écrit  « on va LUI chasser » l’algorithme a compris que je faisais référence à une chasse à l’homme. Une autre fois j’ai été suspendu pour avoir écrit « quel français de merde » en référence au niveau de langue bas de mon interlocuteur en commentaire mais l’algorithme s’est dit que je parlais des Français  et c’est dommage »

Junior Abayomi Guipieri

« C’est de la dictature et c’est dérangeant parce que nous les utilisateurs de Facebook ne sommes pas suffisamment informés sur les mots inutilisables, Facebook est en constante évolution et chaque jour de nouveaux termes sont interdits. Il nous faut un dictionnaire des mots interdits. Si whakanda était sérieux hein… »

Glynn-Yohan Bounama (Chicotte des Filles Fang )

« Oui je pense que Facebook est une dictature ou la liberté d’expression n’existe plus. Nous sommes maintenant obligés de parler avec nos codes pour ne pas être sanctionné. Il faut dire les choses et je pense que la communauté LGBT à pris le dessus dans notre société. Au passage j’ai rien contre eux et donc si je vois un gay j’ai le droit de dire que c’est un pédé vu que c’est le cas »

Steve Nguema

« Nous devons quand-même souligner qu’il y a une inadéquation entre les codes de communication propres aux Gabonais et la législation Facebook. En effet, certains termes et expressions qui dans notre système de communication sont affectives sont répertoriés comme étant de potentiels menaces et finissent par nous valoir des sanctions alors que l’intention était diamétralement opposée à leur perception. Cette situation met en évidence la nécessité d’un réseau social propre aux Gabonais, un réseau qui lui ira comme un gant et sur lequel il pourra s’exprimer librement tout en respectant les codes moraux qui lui sont propres. »

Malgré les nombreuses plaintes déposées sur le réseau social, Facebook ne semble pas s’en soucier. Une situation qui pousse d’ores et déjà certains internautes à migrer vers d’autres plateformes notamment Twitter où les gens estiment que la liberté d’expression est mieux respectée. Gageons que Mark Zuckerberg et son équipe prendront en compte les remarques de ses utilisateurs afin d’améliorer son algorithme qui gagnerait à traiter au cas par cas, les différents commentaires.

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